jeudi 27 juin 2024

Dilemme entre esprit critique et dogmatisme

 

Dilemme entre esprit critique et dogmatisme. Voici une jolie pensée :


« Je préfère mille fois me tromper en pensant par moi-même

plutôt qu’avoir raison en suivant aveuglément les autres. »


Pensée séduisante car elle affirme la primauté de la liberté de penser, elle défend l’esprit critique contre le suivisme, l’idéologie ou le dogmatisme, la réflexion et le raisonnement contre l’esprit moutonnier.


Mais, en même temps :


N’y a-t-il pas de la prétention, de la vanité, et un certain orgueil mal placé dans cette soi-disant maxime ?


Vaut-il vraiment mieux se tromper en n’écoutant que soi-même plutôt qu’avoir raison en suivant un collectif ?


Et là, on touche aux limites de la jolie pensée précédente : est-il vraiment pertinent et défendable de s’obstiner seul ? L’intelligence collective plutôt que le penseur solitaire, le travail d’équipe plutôt que le chercheur isolé, la solidarité plutôt que l’individualisme… ne sont-ils pas, en plus d’être plus moraux, également plus efficaces pour atteindre la vérité et la connaissance juste et vraie ?


Comme toujours, la sortie de ce dilemme viendra de la recherche d’un équilibre.


Ce qui, il faut bien le reconnaître, ne nous fait guère avancer et ressemble fort à un retour au point de départ.


Si ce n’est tout de même que l’on aura un peu réfléchi à la question et que l’on pourra se prévaloir d’une certaine prise de conscience des enjeux.


Peut-être faudra-t-il moduler le propos, notamment en « jouant » avec l’adverbe « aveuglément ». En plaçant et en utilisant des curseurs pour préciser cette pensée et trancher au cas par cas. L’équilibre est à rechercher en toutes circonstances.


Dilemme :

Thèmes :

Esprit critique

Dogmatisme

Suivisme

Idéologie

Religion

Eschatologie

lundi 24 juin 2024

Immigration et délinquance

 Il y a des idées que je n’aime pas. Et ce n’est pas pour autant qu’elles sont fausses ; il y a des idées que j’aime, et ce n’est pas pour autant qu’elles sont vraies.


Par exemple, je n’aime pas l’idée qu’il existerait un lien entre immigration et délinquance ou criminalité. Cette idée vient percuter mes valeurs humanistes, universalistes, humanitaires, d’amour, d’accueil de l’autre, d’hospitalité, de solidarité… Toutes ces valeurs sont profondément ancrées dans mon esprit, cerveau, caractère, idéal, etc.

Désigner l’étranger à la vindicte populaire est tout ce qu’il y a de plus éloigné de mes valeurs.

« Si tu diffères de moi, mon frère, bien loin de me nuire, tu m’enrichis. »

(Notez bien que si je reconnais l’étranger comme un frère, je ne me sens aucune affinité avec les délinquants de tout poil.)


Je préférerais croire qu’il n’existe aucun lien entre immigration et délinquance. Or c’est faux. Puisque de toutes façons, tout est lié, il existe des liens entre tout. Ce n’est qu’une question de degré de lien. C’est-à-dire de lien plus ou moins direct.


Sans doute n’existe-t-il pas de lien parfaitement direct entre immigration et délinquance1.


En dépit de ce qu’en conclut l’article de The Conversation, l’étude du CEPII ne dit pas le contraire : « Ce n’est pas le fait d’être immigré en soi qui conduit à plus de délinquance, mais des caractéristiques qui, lorsqu’elles se retrouvent chez des natifs, conduisent également à plus de délinquance. » Ce qui n’infirme aucunement la thèse du lien indirect que je soutiens ici, et même qui apporte une confirmation du fait que certaines caractéristiques conduisent à « plus de délinquance ». Je ne fais que préciser que ces caractéristiques se retrouvent plus souvent chez les personnes immigrées.


En revanche, il va être très difficile, et c’est un euphémisme, de démontrer l’absence de tout lien entre immigration et délinquance. Ce ne sera peut-être pas un lien direct, d’accord. Mais si on accepte de complexifier un peu sa pensée et d’admettre que des liens peuvent être indirects, alors l’absence de tout lien, y compris indirect, sera indémontrable.


Je penche donc plutôt pour l’idée qu’il existe un lien, a minima un lien indirect, entre immigration et délinquance ou criminalité.


Et cette idée, cette pensée, ne me plait pas, mais alors pas du tout. Elle a le défaut de me classer parmi les gens de droite, voire d’extrême droite, dans la fachosphère et je déteste ça !


Dois-je alors être fidèle à ma raison qui me conduit à penser ainsi ?

Ou être fidèle à mes valeurs et rejeter cette pensée parce qu’elle ne me plait pas ?


Dois-je choisir une voie médiane de l’entre-deux, du compromis, rester modéré, centriste ?

Dois-je rechercher des éléments factuels, des précisions chiffrées (statistiques, taux, études scientifiques…) pour compléter ma connaissance rationnelle de sujet ? N’est-ce pas reculer pour mieux sauter ? Dois-je au contraire, me tourner vers des guides spirituels ou philosophiques qui me montreront la prévalence des valeurs sur la raison pure ? Ou l’inverse ?


Comment faire lorsque nos valeurs et notre raison sont en conflit ?


Toujours rechercher l’équilibre. L’équilibre et la modération sont la solution.

« ils ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains ».

Charles Péguy à propos des idéalistes, disciples de Kant


Qui nierait par exemple que l’immigration a des conséquences sociales ?

Ce serait stupide car l’immigration est en soi un phénomène social.

Ces conséquences sociales de l’immigration sont à considérer à la fois pour la population immigrée, c’est à dire les immigrés eux-mêmes, et également pour la population générale, ceux qui les accueillent, ceux qui étaient là avant, la population « de souche »


1) Il existe un lien direct entre immigration et difficulté sociales et financières

En quittant pays, langue, culture, origines, les immigrés subissent la plupart du temps un déclassement (même si leur situation était déjà peu enviable puisqu’ils ont dû partir). En dépit des efforts d’accueil qui leur est réservé par les autorités, ils peuvent dans certains cas ressentir l’humiliation de devenir des citoyens de seconde zone.

De toutes façons, ils éprouveront naturellement le besoin de se rassembler pour s’entraider au sein d’une communauté. Il s’agit d’abord de se nourrir, trouver un logement, du travail, scolariser les enfants, etc.. (Plus tard, apparaîtront d’autres besoins moins primaires : célébrer des fêtes, commémorer des événements, faire vivre leur langue et leur culture, perpétuer des traditions, des valeurs …). S’intégrer à la République française, une et indivisible, qui ne reconnaît aucune communauté, peut s’avérer lointain pour nombre d’entre eux.

Quoiqu’il en soit, les premières générations cherchent uniquement à survivre. Pour cela ils acceptent des conditions difficiles, (logement, travail…) et se retrouvent naturellement, sinon dans des ghettos, en tout cas souvent dans des cités défavorisées.

Cet état de faits vient illustrer le lien entre immigration et difficulté sociales et financières.

Il serait malhonnête de le nier. Même s’il existe évidemment des exceptions à la règle, d’une manière générale, tout le monde s’accorde à reconnaître ce lien.


2) Il existe un lien direct entre difficultés sociales et financières et délinquance ou criminalité

Les enfants de la seconde génération grandissent dans ces conditions (logement, pauvreté, illettrisme, chômage, drogue, trafic, délinquance…) et s’il est vrai que, fort heureusement, tous ne sombrent pas dans la délinquance, il demeure que beaucoup d’entre eux vont constituer les rangs de ceux qu’on appelle « les jeunes des banlieues » et dont une part non négligeable commettront des infractions, des délits ou des crimes et s’opposeront à la police. C’est un fait.


Vous l’avez compris, mon propos consiste à enchaîner ces deux liens directs pour mettre en évidence le lien indirect, mais néanmoins réel, qui existe entre immigration et délinquance, criminalité ou même, prison.


Or, je n’aime pas du tout cette idée, je voudrais croire à l’idée contraire, mais en même temps, je ne peux rejeter ce qui m’apparaît avec évidence.


D’où mon conflit entre valeurs et raison.

1 - Ce qui ne veut déjà pas dire qu’aucun immigré ne deviendra un délinquant.

Dans certains cas exceptionnels, un immigré va devenir délinquant comme un local devient délinquant, c’est-à-dire sans que rien dans cette chute ne puisse être imputée au facteur « immigration ». Il serait devenu délinquant même s’il était resté dans son pays.

lundi 8 mai 2023

Appel inconnu

 Je voudrais évoquer ici un effet de la technique sur nos comportements.

Lorsqu’un smartphone - outil soi-disant intelligent - reçoit un appel d’un numéro qui n’est pas enregistré dans ses contacts, il affiche « inconnu ».

Le mot « inconnu » sonne déjà un peu comme « inquiétant », voire pour pour les plus méfiants comme « ennemi ».

Quoiqu’il en soit, l’alerte « inconnu », associée à la surprise et à l’urgence de devoir prendre une décision (répondre ou non), fait que le plus souvent, l’utilisateur ne répond pas à l’appel.

D’ailleurs, pour la plupart des gens, cette décision a été automatisée. Il est rare qu’on attende l’appel pour se poser la question. En général, pour ne pas être pris au dépourvu, on a pris en amont le temps de réfléchir : «  Que dois-je faire, avec les appels « masqués » ? et, en général, la décision réfléchie de rejeter ces appels est prise une bonne fois pour toutes.

Or, ce n’est pas anodin.

À quel risques s’expose-t-on vraiment en prenant en prenant l’appel ?

Concédons qu’il n’est pas très agréable de devoir répondre à un appel publicitaire ou à une tentative d’arnaque. Mais n’est-on pas libre de raccrocher après avoir évalué l’appel ? Et même libre de bloquer un numéro si nécessaire ?

Ces petits désagréments possibles sont à mettre en balance avec les conséquences de la décision de suivre l’injonction de la machine : « Rejette l’inconnu ! »

La perte d’humanité contenue dans le fait de déléguer à la machine le droit de décider s’insinue insidieusement à travers ce vocabulaire.

Soit dit en passant, s’il y existe effectivement des appels indésirables qui nous poussent à ne pas décrocher, c’est le plus souvent de la publicité. Or qui s’étonnera que le petit coup de pouce pour nous inciter encore plus à aller dans le sens de la machine, vienne de la publicité, ce pilier du système machinal ?

En fait, le mot « inconnu » qui s’affiche sur l’écran signifie seulement que le numéro qui appelle ne fait pas partie de la liste de mes contacts enregistrés.

D’abord ce n’est pas parce qu’un numéro n’est pas enregistré dans la liste des contacts du téléphone que c’est forcément une personne inconnue qui appelle : c’est peut-être un ami dont on n’avait pas encore le numéro. Ce peut être un ami en panne de batterie qui utilise le portable de quelqu’un d’autre. Ce peut être un vieil ami que l’on n’a pas revu depuis longtemps… Ce peut être un proche qui vient de changer de numéro...

Ensuite même si c’est un inconnu qui appelle, ce n’est pas forcément un ennemi.

Ce n’est pas parce que la personne qui appelle nous est inconnue que c’est un ennemi (Tous nos amis n’ont-ils pas commencé par être des inconnus?)

Ce peut être une personne qui a besoin d’aide… Ce peut être une urgence… Ce peut être une bonne nouvelle. Ce peut être une belle opportunité…

Mais l’inconnu fait peur. L’imprévu n’a pas sa place dans le monde numérique. La machine nous fait insidieusement associer inconnu et indésirable. On peut pourtant imaginer mille cas où si on répondait à l’appel, on ne le regretterait pas. Et dix-mille cas où on pourrait regretter de n’avoir pas répondu.

L’inconnu de la machine n’est pas mon ennemi. Je ne suis pas la machine.

La décision de prendre l’appel ou non devrait appartenir à chacun de nous. Certes. Loin de moi l’idée de culpabiliser les personnes qui feraient en toute conscience le choix automatisé de ne pas prendre les appels masqués. D’abord parce que ça me fâcherait avec à peu près tout le monde.

Mais surtout parce que mon message est tout autre.

Ce que je veux montrer, c’est que ce choix n’est pas fait librement par l’humain. Ce que je que je veux montrer, c’est que c’est la machine qui nous impose sa vision.

C’est la machine qui impose discrètement son vocabulaire (« inconnu », « masqué », « indésirable »). Et ce vocabulaire n’est pas neutre. C’est la machine qui nous oriente vers une certaine décision, vers un certain comportement. Ce choix fait insidieusement par la machine à notre place est loin d’être neutre. C’est un choix qui favorise une attitude de précaution, qui élimine les risques. C’est le choix de la fermeture et de la sécurité contre celui de l’ouverture et de la liberté. Peu à peu, ce choix s’instille dans nos habitudes, banalise les comportements de méfiance et de rejet de l’autre. Ce choix n’est pas anodin et nous pousse à agir dans un certain sens. Et ce sens n’est pas exactement celui de l’humanité.



mardi 4 octobre 2022

Comment les idées des peuples évoluent-elles ?

Comment les idées des peuples évoluent-elles avec l’apport d’idées importées ?

Le rôle du langage, du vocabulaire, des erreurs de logique, des accents, …

L’évolution progressive de la langue, puis des idées, des valeurs, des modes de vie, des mœurs, du consensus social, du pacte républicain …

Les changements progressifs des croyances philosophiques, spirituelles, religieuses, …

Ces changements d’apparence anodins et innocents peuvent-ils conduire à des dérives dangereuses et déboucher à la longue sur des conséquences gravissimes, des pertes d’identité, une colonisation larvée, cachée ?

A l’opposé, la résistance à ces changements progressifs ne conduit-elle pas à une sclérose des idées et un blocage mortifère ?

Ne risque-ton pas d’en arriver à se braquer sur des idées rigides qui pourraient déboucher sur un nationalisme stérile ?

Le contact tracing

Oui, mais certains habitants n’ont pas de smartphone, ou n’ont pas activé la géolocalisation, ou n’ont pas leur smartphone sur eux ? Comment optimiser le système ?

Dans un souci de sécurité, pour que le système soit sans faille, on en viendra progressivement à :

1- Création d’un service d’État pour la géolocalisation, indépendant de toute firme privée et/ou étrangère (Google Maps)

2 - Obligation d’avoir un smartphone

3 - Obligation de le prendre quand on sort

4 - Obligation d’activer la géolocalisation

L’interdiction de sortir sans son smartphone. Puis devant les difficultés matérielles qui seront avancées, la dématérialisation de l’outil s’imposera. Cela signifie les implants, le cyborg.




On y vient. Lentement, mais sûrement.

Un des privilèges de l’âge

Un des privilèges de l’âge concerne l’amour, l’amitié et les autres relations humaines.

Tout le monde se transforme avec l’âge. Mais ces évolutions sont souvent lentes et ce n’est qu’après de nombreuses années que l’on peut connaître la version tardive d’une personne. Les gens changent d’abord physiquement et c’est le plus facile à observer. Les corps changent. Certains prennent du poids, d’autres se courbent. Souvent aussi, les traits du visage s’enlaidissent. Le nez grossit, les joues tombent, la bouche se tord, les yeux rétrécissent… De plus, les gens changent aussi en caractère, en intelligence, en vivacité d’esprit. Enfin, leurs opinions politiques, leurs activités sociales, leurs goûts artistiques, leur sens de l’humour, tout cela aussi est susceptible de rendre ces gens moins attrayants qu’ils ne l’étaient.

Tout le monde ne se dégrade pas forcément. Heureusement, les évolutions se font parfois dans le sens d’une bonification, au moins en ce qui concerne le portrait moral d’une personne.

Comme le bon vin, certain-e-s qui étaient fougueux-ses et précipité-e-s sont plus posé-e-s et serein-e-s avec l’âge.

Certain-e-s qui étaient moches, se sont embellis jusqu’à devenir très charmant-e-s ou séduisant-e-s. Je pense à la fable du Vilain Petit Canard ou à une personne bien réelle comme Marylin Monroe.

Il arrive cependant que l’on soit amené des années après, à croiser certaine fille ou certain garçon, amour ou amitié de jeunesse, que l’on regrettait d’avoir laissé partir. Le premier regard suffit alors à effacer ce regret. Et même lorsque le physique n’a pas décliné plus que la moyenne, quelques paroles échangées auront tôt fait de faire tomber de haut celui ou celle que l’on mettait sur un piédestal. Si l’exemple ici concerne les personnes perdues de vue, il en va tout autant des amis que l’on continue à fréquenter régulièrement. Tous, nous changeons. Et pas forcément en mieux.

Si certains peuvent décider que le physique n’a qu’une importance minime, il sera toujours difficile de passer outre les défauts de caractère d’une personne avec laquelle on n’a plus rien en commun et avec laquelle chaque rencontre devient pénible.

Le privilège de l’âge que j’évoque ci-dessus consiste dans la capacité à identifier des constantes, ou au moins, de fortes probabilités que les gens se dégradent ou se bonifient. Jusqu’à même pouvoir repérer les facteurs qui font qu’une personne se dégrade ou qu’une autre se bonifie.

Ou plus exactement, c’est l’habitude de voir les personnes se dégrader ou se bonifier, tout en croisant ces changements avec des causes possibles, qui permet de dire que tel comportement, tel environnement est probablement néfaste, et que tel autre au contraire a de bonnes chances de rendre la personne meilleure.

Publication dans une revue scientifique

Dans un monde ou la science a pris la place de la religion, ou le matérialisme scientifique a phagocyté l’espace et remplacé le spirituel, l’irrationnel, le ressenti, l’improuvé, le dogme religieux laisse la place aux lumières de la science.


La publication dans une revue scientifique devient le mètre étalon de la vérité.


Dès lors, prendre le contrôle de la publication dans ces revues permet de manipuler la vérité.

Cela ne nécessite pas forcément de posséder ou de maitriser ces revues, mais plus exactement de contrôler les critères des juges qui ouvriront les pages de ces revues et les critères des scientifiques qui réalisent les études et rédigent les articles.


Au delà encore, c’est toute la filière scientifique de la formation universitaire, voire même scolaire, jusqu’à la consécration par la nobelisation, qui pourrait être corrompue.


En effet, les prix scientifiques, Nobel ou autre, consacrent la vérité.



Consultation sur le numérique

On entend souvent l’argument selon lequel le monde numérique nous est imposé. Que nous n’avons pas été consultés pour donner notre avis, le ...