15 mai 2020
Comment les idées naissent-elles ?
Ou comment sont-elles générées par les hommes ?
Comment les hommes se fabriquent-ils des idées ?
Quelle est la genèse des idées ?
Toutes les idées ne se valent pas. Il y en a de bonnes et il y en a de mauvaises.
Il n’est pas juste de juger de la valeur d’une idée en fonction de sa genèse.
Car toute idée a une valeur intrinsèque, indépendamment de sa genèse.
Il est néanmoins intéressant de déceler la nature d’une idée en fonction de son émetteur : création originale ou simple reproduction ?
Le développement des idées :
Théoriquement, la valeur intrinsèque d’une idée est également indépendante de sa diffusion.
Or ce n’est pas le cas dans le monde réel.
Parmi les hommes, la force d’une idée se mesure à sa capacité à essaimer, à se répandre, à être reprise et adoptée par le plus grand nombre.
En politique notamment, le nombre fait la force. Plus une idée sera répandue, plus on dira qu’elle est forte. La démocratie s’est construite sur cette réalité.
Une des mauvaises raisons des hommes pour se faire des idées est leur volonté de se faire accepter dans un groupe. Pour intégrer un groupe, il est souvent nécessaire et toujours utile d’adopter les codes, les valeurs, les comportements et les idées de ce groupe.
C’est souvent inconsciemment que ces changements sont opérés. Lorsqu’ils sont conscients, ces changements sont perçus positivement puisqu’ils permettent ou facilitent l’intégration dans le groupe que l’on a (librement?) choisi d’intégrer. Justement pour les idées que ce groupe porte, pour les objectifs qu’il poursuit et aussi pour les luttes qu’il mène.
Cependant, une idée adoptée dans le seul but d’intégrer un groupe ne me paraît pas avoir la même valeur qu’une idée individuellement créée ou issue du débat constructif, découverte par un raisonnement logique et intellectuellement honnête, d’une réflexion profonde et rigoureuse, d’une pensée sincère et bienveillante, et qui peut être facilitée par la méditation. La première n’est qu’un moyen de renforcer un groupe qu’on a choisi pour ses luttes militantes dont on pense qu’elles vont changer le monde pour le rendre meilleur (selon nos critères subjectifs). Alors que la seconde est un dessein, une finalité en soi et qui n’a d’autre but que la révélation de la vérité, ou la mise à jour de la connaissance du monde donné.
L’archétype du militant est le supporter. Bête et discipliné.
Le militant est comme le supporter : il a délégué, abandonné au groupe le travail de réflexion. Il a renoncé à tout ou partie de son esprit critique vis-à-vis de son groupe. Dans le meilleur des cas, il l’a amoindri, affaibli, mis en sourdine. Car tout son esprit critique s’est mué en force rigide au service du groupe. Il ne pense plus puisque sa pensée est remplacée par son objectif à atteindre et vers lequel tous ses muscles sont tendus. Son esprit militant est justement concentré et focalisé contre une cible unique qui est celle du groupe. Tous ses arguments sont un catéchisme appris par cœur et apporté tout fait par d’autres dans le groupe. L’individu militant ne pense plus par lui-même. Il se contente d’apporter sa voix, ses actions, sa force au groupe. Il en est devenu un élément interchangeable.
Lorsqu’il devient conscient de ce problème, le militant rebelle peut avoir pour ambition d’apporter un jour ses propres idées au groupe. Il confirmera ainsi la nature hiérarchisée du groupe : ceux qui apportent les idées, ceux qui les défendent. Les théoriciens et les militants de base.
Il constatera alors combien il lui est difficile et couteux de prétendre monter dans la hiérarchie. Il lui faudra beaucoup de patience. On lui indiquera où se trouve la file d’attente. Il constatera qu’elle est interminable. S’y étant rangé avec discipline, il ne tardera pas à remarquer que certains bénéficient de passe-droit et de coupe-file. Il questionnera, se fera des amis dans la file.
Au prix de quels compromis, de quels renoncements, et de quels sacrifices devra-t-il passer pour espérer un jour exprimer ses idées dans le groupe ?
Certains couchent, d’autres paient. D’autres mentent, trichent, volent, ou tuent. La plupart prennent des libertés avec la vérité, l’honnêteté, la justice, le droit. Ils se persuadent en silence que la lutte est bonne et que d’autres, plus haut se chargent de la théoriser. La cause a besoin d’exécutants. Ceux-ci seront récompensés en temps voulu. Peut-être.
Citations :
1- "Qui suit un autre il ne suit rien. Voire il ne cherche rien" Montaigne
2- Thomas Jefferson
3- La pensée est comme un éclair dans une longue nuit ; mais c’est cet éclair qui est tout. » Henri Poincaré
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