mardi 4 octobre 2022

Un des privilèges de l’âge

Un des privilèges de l’âge concerne l’amour, l’amitié et les autres relations humaines.

Tout le monde se transforme avec l’âge. Mais ces évolutions sont souvent lentes et ce n’est qu’après de nombreuses années que l’on peut connaître la version tardive d’une personne. Les gens changent d’abord physiquement et c’est le plus facile à observer. Les corps changent. Certains prennent du poids, d’autres se courbent. Souvent aussi, les traits du visage s’enlaidissent. Le nez grossit, les joues tombent, la bouche se tord, les yeux rétrécissent… De plus, les gens changent aussi en caractère, en intelligence, en vivacité d’esprit. Enfin, leurs opinions politiques, leurs activités sociales, leurs goûts artistiques, leur sens de l’humour, tout cela aussi est susceptible de rendre ces gens moins attrayants qu’ils ne l’étaient.

Tout le monde ne se dégrade pas forcément. Heureusement, les évolutions se font parfois dans le sens d’une bonification, au moins en ce qui concerne le portrait moral d’une personne.

Comme le bon vin, certain-e-s qui étaient fougueux-ses et précipité-e-s sont plus posé-e-s et serein-e-s avec l’âge.

Certain-e-s qui étaient moches, se sont embellis jusqu’à devenir très charmant-e-s ou séduisant-e-s. Je pense à la fable du Vilain Petit Canard ou à une personne bien réelle comme Marylin Monroe.

Il arrive cependant que l’on soit amené des années après, à croiser certaine fille ou certain garçon, amour ou amitié de jeunesse, que l’on regrettait d’avoir laissé partir. Le premier regard suffit alors à effacer ce regret. Et même lorsque le physique n’a pas décliné plus que la moyenne, quelques paroles échangées auront tôt fait de faire tomber de haut celui ou celle que l’on mettait sur un piédestal. Si l’exemple ici concerne les personnes perdues de vue, il en va tout autant des amis que l’on continue à fréquenter régulièrement. Tous, nous changeons. Et pas forcément en mieux.

Si certains peuvent décider que le physique n’a qu’une importance minime, il sera toujours difficile de passer outre les défauts de caractère d’une personne avec laquelle on n’a plus rien en commun et avec laquelle chaque rencontre devient pénible.

Le privilège de l’âge que j’évoque ci-dessus consiste dans la capacité à identifier des constantes, ou au moins, de fortes probabilités que les gens se dégradent ou se bonifient. Jusqu’à même pouvoir repérer les facteurs qui font qu’une personne se dégrade ou qu’une autre se bonifie.

Ou plus exactement, c’est l’habitude de voir les personnes se dégrader ou se bonifier, tout en croisant ces changements avec des causes possibles, qui permet de dire que tel comportement, tel environnement est probablement néfaste, et que tel autre au contraire a de bonnes chances de rendre la personne meilleure.

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