mardi 18 décembre 2018

Super menteur !

Aussi ignobles, indignes et inacceptables que m'apparaissent les propos du Ministre de l'intérieur, l'incident est trop anecdotique pour suffire à lui seul à porter la gravissime accusation de racisme.
Alors, changeons de sujet. Soit, Brice Hortefeux n'est pas raciste. C'est juste un fieffé menteur.

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur "dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique", et affirme que "pas un seul" de ses mots ne faisait "référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant". Dans l'entourage de Brice Hortefeux, on estime que le ministre "fait référence au nombre de clichés déjà pris avec des Auvergnats", après qu'il eut été "assailli" de demandes de la part de ces derniers pour poser avec eux.
Qui en effet peut croire à ses versions successives, l'une plus grotesque que l'autre, selon lesquelles, il aurait voulu parler …
  • des Auvergnats (Merci pour eux !),
  • des clichés (parce que photo, c'est féminin et ça n'aurait donc pas collé avec les phrases « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. »)
  • ou encore des deux (après que l'entourage du Ministre ait compris qu'il fallait mettre un peu de cohérence dans les mensonges)
Pourquoi se focaliser, sinon pour noyer le poisson, sur le racisme supposé du Ministre, attaque qu'il pourrait toujours repousser, et qui ne donnerait qu'un débat sans fin sur la gravité de ses propos, alors qu'il est tout-à-fait indiscutable que Brice Hortefeux ment effrontément pour couvrir sa bévue.
Nul besoin d'appareils sophistiqués ni d'ingénieur du son. Une simple écoute attentive de la vidéo sur internet permet à n'importe quel citoyen neutre et objectif de constater qu'il est impossible que le mot « un » employé par deux fois dans les deux phrases citées plus haut (« Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. ») ne fasse référence à autre chose qu'au mot « Arabe » prononcé par l'interlocutrice du Ministre.

Dans Marianne2, même Philippe Bilger le reconnaît :

« Cependant, à l’analyse, il ne semble pas que la phrase reprochée à Brice Hortefeux puisse être interprétée autrement que comme une allusion au nombre d’Arabes. En effet, une voix féminine dit au sujet d’Amin, un jeune militant d’origine arabe : « C’est notre petit Arabe » et le ministre de réagir ainsi : « Bon, tant mieux. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Allez, bon courage ». »

En résumé, plutôt que de débattre du racisme discutable du Ministre, il serait plus efficace de l'attaquer sur son mensonge avéré.

Un ministre menteur serait-il en France plus acceptable qu'un ministre raciste ?

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