samedi 30 avril 2016

Fumer

Fumer est mauvais pour la santé, c'est une cause entendue. Dans quelques jours, on va étendre l'interdiction de fumer à tous les lieux publics et même les salles de concert. S'est-on jamais demandé pourquoi ce sont telles ou telles catégories de la population mondiale qui fument plutôt que telle autre ? Les moudjahïdines afghans, les ouvriers de chez Renault, les indiens d'Amazonie, les mafiosi italiens, les proxénètes albanais, les agriculteurs marocains, les rockers russes, les artistes en général plutôt que les non-artistes, les gens pour lesquels la vie ne compte que si elle est vécue avec des sentiments forts, des passions plutôt que ceux qui comptent les jours et qui s'assurent pour leur retraite, et tous les gens qui ne pensent pas à demain parce que pour eux, seul compte l'instant présent. Pour ceux aussi qui à travers leur geste de fumer, consciemment ou inconsciemment, défendent ou perpétuent cette vision du monde.

En même temps, qui a envie de souffrir l'atroce souffrance de ces malades du tabagisme avec la cohorte de maladies liées au tabagisme ? Donc on a raison de ne pas fumer. A-t-on raison pour autant d'interdire de fumer ? On a raison d'attacher sa ceinture de sécurité en voiture. Doit-on pour autant rendre obligatoire le port de cette ceinture ? On a raison de dire que la consommation d'alcool augmente le risque de devenir alcoolique. Doit-on interdire la consommation d'alcool ? Fumer est aussi un plaisir pour certains. Un plaisir lié au fait de s'abandonner, d'oublier les soucis de la vie, de se sentir libre... Quelle sera la prochaine étape ? Va-t-on nous interdire de jouer, voire d'écouter de la musique sous prétexte que la musique a tendance à nous faire oublier nos souffrances et donc à nous laisser aller à fumer ?

Enfumer les autres, ceux qui n'ont pas demandé de fumer, c'est bafouer, renier leur droit à respirer un air pur et sain.

Démarchage téléphonique

Comme beaucoup, je suis souvent démarché par téléphone. Il y a un point précis du discours formaté que je voudrais évoquer ici : le moment où le téléconseiller, téléprospecteur, télévendeur... se présente. À ce moment précis, je ressens subitement une perte de confiance qui obère la réussite de l'appel. En clair, j'ai la désagréable impression qu'on me ment dès le départ. Ne serait-il pas possible, si le télé souhaite garder l'anonymat (alors qu'il s'adresse à moi par mon nom que je ne lui ai pourtant pas forcément donné), qu'il évite de me donner un pseudo, un faux nom car cela a le don de m'agacer. Ne pourrait-on faire cette simple suggestion aux personnes qui pensent la relation-client ?

La violence à l'école

Je pense que la violence à l'école peut trouver l'une de ses sources dans un phénomène qui touche la société dans son ensemble : la contestation généralisée. Aujourd'hui, plus qu'autrefois, contester est devenu un moyen d'expression privilégié. Je conteste, donc j'existe.
C'est le revers de la médaille de quelque chose que nous avons tous voulu : le développement de l'esprit critique. Effectivement, depuis une trentaine d'années l'école s'est donné comme l'une de ses missions principales de développer chez ses élèves le goût de l'esprit critique. Elle y a fort bien réussi, peut-être au delà de ses espérances et c'est très bien. Mais n'a-t-elle pas du même coup ouvert la boîte de Pandore ? On forme des jeunes plus éveillés, moins moutons et des adultes plus citoyens. Le revers de la médaille prend alors cette forme que nous nous accordons tous à dénoncer : la violence. L'éveil de la citoyenneté chez les hommes ne doit pas être forcément pris comme un progrès pour l'humanité. J'ai bien conscience de ce que cette prise de position peut avoir d'exceptionnel, d'anti-conformiste, de provoquant, de scandaleux, de dangereux, à contre-courant de bien des discours bien-pensants. Pourtant, je n'hésite pas à me demander si la montée en puissance des opinions publiques, partout dans le monde, en dépit de l’espoir qu’elle peut susciter pour tout démocrate, n’en demeure pas moins le plus formidable danger qui menace le monde.
En effet, les opinions publiques se forment souvent sur l’irrationnel, le spirituel, le religieux (Iran, Serbie...) et sont actuellement de moins en moins contrôlables.
Les événements de Seattle ou de Davos, la montée en puissance de ce qu'on appelle des mouvements citoyens, associations telles que Droit Au Logement, A.C., des mouvements de contestation spontanés, contre toute forme d'autorité, ne sert-elle pas le mal qu'elle croit combattre ?
On est très loin du sujet, la violence à l'école ?
J'y viens : un comportement généralisé dans la société se retrouve forcément à toutes les strates, des parents aux enfants, des profs aux élèves. Comment voudrait-on que les élèves ne se comportent pas comme le font leurs parents vis-à-vis de leurs patrons, leurs profs vis-à-vis de leur administration...
Cela dit, je ne veux certainement pas oublier d'autres causes. Un phénomène aussi général que la violence à l'école a toujours plusieurs causes imbriquées les unes dans les autres, d'où la difficulté d'analyse.
Mais on peut certainement citer :
- la télévision,
- les jeux vidéo,
- le rap,
- l'américanisation de la société,
- le chômage, la précarité,
- la ghettoïsation,
- l'infiltration des mafias de l'Est.
Et chacun de ces thèmes mériterait d’être développé et approfondi.
Il y a plus de violence à l'école parce qu'il y a plus de violence dans la société.
Vendredi 18 janvier 2000

Résister à la tentation du divorce

Résister

L'idée est de raconter la lutte au quotidien, cette lutte de résistance contre la tentation de la séparation, contre l'idée qu'il serait préférable - pour les enfants eux-mêmes – de se séparer plutôt que de leur infliger un climat délétère de disputes quotidiennes.
Oui, il faut résister à cette idée, la combattre, la nier totalement et farouchement.
Car enfin, quel enfant souhaite voir ses parents se séparer ?
Comment les psys ont-ils réussi à nous faire croire à cette histoire, à nous faire avaler cette couleuvre ?
Tous les psys tiennent facilement un discours anti-clérical et défendent le divorce, la séparation contre l'avis contraire des religieux qui prônent la constance, l'effort, l'endurance.
Il est vrai que cela peut s'apparenter à de l'endurance comme on endure dans la souffrance. Mais cette souffrance est nécessaire et surtout préférable à l'abandon.
Raconter les mille-et-une souffrances, tortures, humiliations quotidiennes et se dire que c'est notre karma, que de toutes façons on a toujours un fardeau à porter et que celui-ci n'est peut-être pas le pire.

Le pouvoir d'achat

On nous dit que le pouvoir d'achat est la préoccupation première des Français en ce début d'année 2008.
Les Français ont-ils moins de pouvoir d'achat qu'avant ?
Ce qui me frappe, c'est le budget consacré aux cadeaux de Noël : toutes ces consoles Wii qui se sont vendues comme des petits pains, si bien que la demande a été plus forte que l'offre.
Ce qui me frappe aussi, ce sont ces Français qui se jettent sur les soldes en début d'année, comme s'il était nécessaire de renouveler sa garde-robe tous les ans, voire plusieurs fois par an.
En discutant sur l'idée de savoir si on doit instituer plus de soldes ou en rester à deux saisons annuelles, on ne fait qu'entériner l'idée que les soldes sont nécessaires, qu'elles permettent d'augmenter son pouvoir d'achat. Certes, elles le permettent, mais tout en imposant concomitamment des périodes d'achat renouvelées régulièrement, deux fois par an. Or je refuse d'acheter quoi que ce soit le plus souvent possible.
Car enfin, le principe des soldes repose sur les saisons d'habillement.
Or, ne peut-on plus envisager de porter cet hiver les vêtement d'hiver achetés l'hiver précédent ?
Un maillot de bain ne peut-il servir qu'une seule saison ?
Même raisonnement pour tous les achats.
Est-on vraiment obligé de posséder le dernier modèle de TV, de chaussures, de lunettes....
C'est notre mode de consommation qu'il nous faut remettre en cause.

Si le pouvoir d'achat est bien la première préoccupation des Français aujourd'hui, alors il y a de quoi avoir honte. Cela signifie que l'égoïsme consumériste l'emporte sur toute autre considération.

On nous objectera très justement que les consommateurs sont manipulés par la publicité qui à travers la télévision complice, crée les besoins.
Le système capitaliste est ainsi fait qui porte en lui ses propres contradictions et sa propre destruction.
Le seul moyen d'en sortir, c'est de diminuer notre consommation.

Nous sommes riches de tout ce dont nous pouvons nous passer.

Appel à la désobéissance

Si la machine gouvernementale veut faire de nous l'instrument de l'injustice envers notre prochain, alors je vous le dis, enfreignez la loi. Que votre vie soit un contre-frottement pour stopper la machine. Il faut que je veille, en tout cas, à ne pas me prêter au mal que je condamne.
Henri David Thoreau

Consultation sur le numérique

On entend souvent l’argument selon lequel le monde numérique nous est imposé. Que nous n’avons pas été consultés pour donner notre avis, le ...