samedi 30 avril 2016

La violence à l'école

Je pense que la violence à l'école peut trouver l'une de ses sources dans un phénomène qui touche la société dans son ensemble : la contestation généralisée. Aujourd'hui, plus qu'autrefois, contester est devenu un moyen d'expression privilégié. Je conteste, donc j'existe.
C'est le revers de la médaille de quelque chose que nous avons tous voulu : le développement de l'esprit critique. Effectivement, depuis une trentaine d'années l'école s'est donné comme l'une de ses missions principales de développer chez ses élèves le goût de l'esprit critique. Elle y a fort bien réussi, peut-être au delà de ses espérances et c'est très bien. Mais n'a-t-elle pas du même coup ouvert la boîte de Pandore ? On forme des jeunes plus éveillés, moins moutons et des adultes plus citoyens. Le revers de la médaille prend alors cette forme que nous nous accordons tous à dénoncer : la violence. L'éveil de la citoyenneté chez les hommes ne doit pas être forcément pris comme un progrès pour l'humanité. J'ai bien conscience de ce que cette prise de position peut avoir d'exceptionnel, d'anti-conformiste, de provoquant, de scandaleux, de dangereux, à contre-courant de bien des discours bien-pensants. Pourtant, je n'hésite pas à me demander si la montée en puissance des opinions publiques, partout dans le monde, en dépit de l’espoir qu’elle peut susciter pour tout démocrate, n’en demeure pas moins le plus formidable danger qui menace le monde.
En effet, les opinions publiques se forment souvent sur l’irrationnel, le spirituel, le religieux (Iran, Serbie...) et sont actuellement de moins en moins contrôlables.
Les événements de Seattle ou de Davos, la montée en puissance de ce qu'on appelle des mouvements citoyens, associations telles que Droit Au Logement, A.C., des mouvements de contestation spontanés, contre toute forme d'autorité, ne sert-elle pas le mal qu'elle croit combattre ?
On est très loin du sujet, la violence à l'école ?
J'y viens : un comportement généralisé dans la société se retrouve forcément à toutes les strates, des parents aux enfants, des profs aux élèves. Comment voudrait-on que les élèves ne se comportent pas comme le font leurs parents vis-à-vis de leurs patrons, leurs profs vis-à-vis de leur administration...
Cela dit, je ne veux certainement pas oublier d'autres causes. Un phénomène aussi général que la violence à l'école a toujours plusieurs causes imbriquées les unes dans les autres, d'où la difficulté d'analyse.
Mais on peut certainement citer :
- la télévision,
- les jeux vidéo,
- le rap,
- l'américanisation de la société,
- le chômage, la précarité,
- la ghettoïsation,
- l'infiltration des mafias de l'Est.
Et chacun de ces thèmes mériterait d’être développé et approfondi.
Il y a plus de violence à l'école parce qu'il y a plus de violence dans la société.
Vendredi 18 janvier 2000

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