dimanche 27 mars 2022

Réconcilier les extrêmes

 Desmond Tutu : paix à son âme, Desmond Tutu vient de nous quitter aujourd’hui 26 décembre 2021. Ce grand homme, prix Nobel de la paix 1984, prenait parti et militait en faveur d’une cause, et cependant acceptait de ne pas tout rejeter dans les thèses de ses adversaires.

Je veux m’inspirer de cette ouverture d’esprit et de cette tolérance pour construire une voie qui, sans être celle d’un compromis mou et fade, saurait reconnaître à chaque camp des vérités apparemment inconciliables.

Je veux affirmer que les oppositions sans concession sont une impasse qui ne conduisent qu’à la violence.

Je veux mettre en préalable une valeur indépassable qui est la non-violence.

Toute pensée, toute idée, toute orientation qui conduit à la violence est immédiatement discréditée.

D’autres valeurs sont également nécessaires à la réussite de cette entreprise : l’honnêteté intellectuelle, la bonne foi, le désir d’apaiser, de réconcilier, d’avancer sur un chemin commun.

Il faudra accepter de reléguer au second rang d’autres valeurs sans doute respectables et importantes mais qui seront toujours subordonnées aux premières : la fidélité à mon camp, la solidarité avec mon groupe, le soutien à mon parti.

Entrons dans le vif du sujet en prenant un exemple d’actualité : la fachosphère et les antifas.

Comment tracer une voie honnête et juste entre ces deux camps qui ne sont plus aujourd’hui des

adversaires politiques mais des ennemis qui sont sortis du débat pour entrer en guerre ouverte.

Méthode :

1- écouter, lire, comprendre les points de vue et les idées de chaque camp.

2- rechercher la vérité, les faits avérés, incontestables, prouvés.

Les distinguer des non-faits :

les exagérations, les interprétations, les approximations, les hypothèses, les conjectures, les projections

dont la réalisation est possible, mais incertaine.

3 – écarter, ou au moins, considérer comme tels, ce qui relève de l’idéologie ou de l’émotion.

N.B. : chacun a bien sûr le droit d’éprouver des émotions, de ressentir des émotions, c’est même ce qui

nous différencie des robots, des machines, et nous maintient dans l’état d’humains. Mais on ne doit pas

utiliser ces émotions de manière abusive ou excessive dans le but hypocrite d’obtenir un avantage ou un

privilège.

Continuons dans l’exemple :

Le candidat Zemmour, dans son programme, prévoit, s’il est élu, de supprimer pour les étrangers, et donc de réserver aux seuls nationaux (les Français), les aides sociales non contributives.

Deux points de vue s’opposent alors :

Les antifas : c’est scandaleux !

La fachosphère : c’est normal, on applaudit !

Ne pourrait-on pas trouver une voie médiane ?

Il existe des cas, des situations individuelles pour lesquels l’aide sociale est normale, juste et justifiée et

dans lesquels il serait effectivement scandaleux de la supprimer.

Mais les antifas disent qu’il faut la maintenir dans tous les cas.

Et il existe d’autres cas où l’aide sociale est attribuée alors que non méritée et il est alors scandaleux de

l’attribuer et normal de la retirer.

Mais la fachosphère souhaite la retirer dans tous les cas.

Peut-être donc que la solution passe par un cas par cas que, pour des difficultés organisationnelles on a

toujours refusé de mettre en place.

Commencer par reconnaître cela. Admettre des exceptions dans les deux camps.

Puis vient le temps de la comptabilité. Le désaccord provient souvent de là : l’impossibilité de quantifier précisément. Et donc fantasmer la réalité. Imaginons que nous ayons la possibilité par je- ne- sais quel moyen, de connaître avec précision, sans aucun doute sur la méthode de comptage ni sur l’exactitude des résultats, la répartition de tous les cas dans les deux types de cas cités plus haut.

Peut-être alors découvririons-nous que ce qui sépare et crée le désaccord, ce sont les critères qui décident qu’un cas est acceptable ou ne l’est pas. Le diable se cache dans les détails.

Il faudra alors re-discuter de ces critères et alors peut-être serons nous revenus au point de départ.

Mais peut-être aurons-nous avancé, discuté, envisagé la réalité différemment. Et pour peu que les valeurs de départ n’aient pas été trahies, le chemin effectué n’aura pas été vain.

Autres sujets qui auraient pu servir d’exemple et pour lesquels on pourrait faire débattre des droitards

patriotes identitaires avec des antifas d’extrême gauche en appliquant la même méthode de discussion :

- les délinquants étrangers : traitement identique aux Français ou expulsion ?

- les migrants : accueil inconditionnel ou protection du territoire et retour au pays ?

- le comportement des arabo-musulmans à l’égard des femmes

- le racisme systémique

- le wokisme

- l’islamo-gauchisme : mythe ou réalité ?

- l’expansion de l’islam en France : accueillir, ouvrir, accepter ou rejeter, combattre, résister ?

- la chasse : une tradition à perpétuer ou une pratique dépassée, nocive et à combattre ?

- la consommation de viande : une tradition à perpétuer ou une pratique dépassée, nocive et à combattre ?

- les armes à feu : détention, possession, utilisation, entrainement, circulation...

- le nucléaire : pour ou contre ?

- la consommation de stupéfiants : interdiction, réglementation ou libéralisation

- l’alcool : prohibition ou légalisation ?

- la vitesse sur les routes

- l’utilisation des transports en commun

- les énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique...) à développer ou à arrêter ?

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