dimanche 27 mars 2022

Assumer nos contradictions

 Assumer nos contradictions


Je suis complètement opposé au numérique, je pense qu’il est en grande partie la source de nos problèmes. Je ne serais pas loin de le diaboliser.


Et pourtant ! Je me suis fait vacciner. Je suis conscient que la vaccination est la seule voie pour endiguer la propagation de la pandémie et donc pour sauver des vies.


Et en même temps, je suis de ceux qui pensent que c’est la course effrénée vers plus de numérique qui a créé les circonstances, les conditions d’apparition de ce virus. Je m’explique : c’est en allant vers toujours plus de numérique que l’on valide, cautionne un certain style de monde, propret, aseptisé, capitaliste, égoïste, individualiste. Ce monde numérique est destructeur de l’environnement, mauvais pour l’écologie, pour les forêts, pour la planète.


Et donc la planète réagit, répond, se défend, contre-attaque même.


Je suis opposé au numérique, mais je veux vivre. Pour vivre, je me fais vacciner, car je crois que le virus peut être mortel ou au moins, très dangereux. Je crois aussi que ce virus va muter pour devenir de plus en plus contagieux et dangereux.


Et j’admets que le numérique avec ses QR codes, les pass sanitaires, sont des outils efficaces pour ralentir la propagation de la pandémie.

Plus encore, je sais que le numérique, avec son monde propret, aseptisé, efficace, est consubstantiel de la recherche médicale qui a permis de mettre au point les vaccins, notamment les vaccins à ARN messager.


J’ajoute qu’avec le numérique, c’est le scientisme, cette « religion de la science » que je suis aujourd’hui contraint de réhabiliter si je veux rester honnête et cohérent en allant jusqu’au bout de mon raisonnement.


Assumer mes contradictions, c’est ce que je suis obligé de faire dans ce monde complexe. Le devoir d’honnêteté intellectuelle me conduit dans des méandres sans fin de convictions et de contre-convictions, de renoncements et de contre-renoncements, dans un ballet enivrant de retournements de veste. 

C’est ce qui distingue ma pensée de la pensée commune, car la plupart des gens rechignent à changer, mettent un point d’honneur à rester fidèles à leurs idées, à leurs convictions, et ce faisant, s’enkystent à défendre un seul camp.


Et quand, par exception, ils acceptent de se remettre en question, voire de changer de camp, ils ne le font qu’une seule fois. Continuer de changer les mettrait dans la catégorie des girouettes, ce qui, c’est bien connu, est très péjoratif.


J’ai décidé d’aller explorer cette voie délaissée de la girouette.


Il y a du Edgar Morin dans cette pensée complexe qui admet tout et son contraire.


Car oui, il y a du vrai de part et d’autre. De même qu’en politique. Ni la gauche, ni la droite ne détiennent le monopole exclusif de la vérité, de la voie juste. Ni les extrêmes, ni le centre.


De même en matière de lutte contre le virus, contre le numérique, contre le scientisme, il y a du vrai partout. Et du faux aussi.


Tout dépend la valeur et la signification que l’on donne à la vie.

Que vaut la vie si elle est dépouillée de tout ce qui fait sa saveur ?


La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie !


La pensée complexe, c’est le triomphe du « en même temps ».

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